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La politique globale sur la vie nocturne en question

Les voyages forment la jeunesse mais aussi « les ambassadeurs et maires de nuit internationaux » qui se rencontrent, débattent, partagent leurs expériences politique, économique, culturelle sur les villes la nuit


Tribune par Christophe Vidal
Force est de constater que le mouvement prend de l’ampleur avec des municipalités qui investissent ce territoire en nommant des maires de nuit : Washington D.C, New York, Pittsburgh, Orlando, Cali (Colombie), Sydney, Tbilissi (Géorgie), Londres, Vilnius (Lituanie)… D’autres villes comme Tel Aviv ont créé des postes de Night Business Manager. En France, Nantes et Paris restent les deux piliers en matière d’engagement politique d’envergure la nuit avec deux élus et des Conseils de la nuit. Les colloques sur le thème de l’économie nocturne, levier pour une cité, souvent couplée à celui de la santé publique se multiplient à travers le monde : Bogota, Tbilissi (Géorgie), Stockholm, Paris, Bruxelles, Sofia (Bulgarie), Sydney, Londres, Canterbury, Berlin, Padua (Italie), Cracovie, Mumbai (Inde)… A Washington D.C l’économie nocturne représente quelque 3,8 milliards de dollars.


Les colloques sur le thème de l’économie nocturne, levier pour une cité, souvent couplée à celui de la santé publique se multiplient à travers le monde

Encourager l’offre nocturne alternative et soutenir des initiatives innovantes

En France, lorsque l’on cogite sur la politique de la ville la nuit, l’on se focalise essentiellement sur les nuisances. Il suffit de se référer au Rapport Borlo d’avril 2018 sur ce sujet, qui préconise le déploiement de 500 correspondants de nuit pour contribuer à mettre en oeuvre une politique de tranquillité publique. Bien sûr il y a l’exception parisienne. Atout France, Agence de développement touristique de la France, opérateur de l’État, s’est mobilisée pour capter les night city-breakers avec une campagne digitale lancée en juin 2017 vers le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, le Portugal et le Brésil. La mairie de Paris s’est aussi engagée dans cette communication. Et pour cause, seuls 5% des touristes disent venir à Paris pour sa night life. Nantes a également lancé un appel à projets dédié à la nuit avec pour objectifs d’encourager l’offre nocturne alternative et de soutenir des initiatives innovantes ou surprenantes. La particularité de ces deux villes est leur approche globale. Comme le souligne dans le Parisien Frédéric Hocquard, adjoint à la maire de Paris, chargé de la vie nocturne, qui compare la capitale à d’autres métropoles internationales : « Nous sommes les seuls à avoir développé une politique globale sur les questions de la vie nocturne. Les seuls aussi à avoir associé les Parisiens à nos réflexions, à travers le comité des noctambules. » Une dynamique impulsée en 2014 après l’élection des maires de nuit dans ces deux villes…



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L’inertie est de mise si nous nous comparons à Paris et Nantes depuis 2014

A Toulouse, début 2018 j’avais annoncé que cette année serait celle de la consolidation, émettant le souhait de travailler en partenariat avec des syndicats professionnels, afin de porter une voix commune notamment sur la prévention des risques, mais aussi en appelant notre ville à se doter d’un Conseil de la Nuit rassemblant toutes les parties dont les riverains, doté d’un budget, avec une feuille de route… Bref, une stratégie pour une véritable politique de la ville la nuit. Ces intentions n’ont pas été entendues par les différentes instances et ce, malgré la volonté de Toulouse Nocturne de passer à la vitesse supérieure. L’inertie est de mise si nous nous comparons à Paris et Nantes depuis 2014. Nous ne pouvons que souligner notre décalage de maturité, ne serait-ce que dans la représentation politique avec des élus en charge de la nuit dans ces deux métropoles qui associent leurs riverains et noctambules aux phases de diagnostic, de conception et de bilan de la stratégie globale pour un espace public partagé. 2020 se devra donc d’être l’année de la « Start-up Nocturne toulousaine »… 6 ans après Paris et Nantes.



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