Le président

Christophe Vidal


Président de Toulouse Nocturne, maire de la Nuit de Toulouse 2014




La parole à Christophe Vidal

Depuis fin 2009, j’édite le magazine Minuit à Toulouse qui explore la nuit sous toutes ses facettes : culture, urbanisme, santé, sécurité, tourisme, sciences, travail… et je pose la question du droit à la ville de jour comme de nuit. L’élection d’un maire de la Nuit fin 2013 m’a offert l’opportunité de porter le débat sur les enjeux liés au développement de Toulouse la nuit. Notre cité a une particularité avec ses 93000 étudiants, 46 % des toulousains qui ont moins de 30 ans, une ville avec une tradition festive qui compte 1500 restaurants, bars et discothèques pour plus de 450 000 habitants et qui ne dispose que d’une pharmacie de nuit. On a pu lire récemment dans une enquête de l’Express sur « Les meilleurs maires des grandes villes », un éloge sur l’ex-capitale de la soie : « Lyon se démarque avec sa Fête des lumières, ses Nuits sonores ou encore son festival du film Lumière. » Elle se démarque donc avec son offre événementielle de soirée.  La composante nocturne est aujourd’hui à prendre en compte par les pouvoirs publics dans leur stratégie de développement de la « Fabrique urbaine ».



La question de la nuit est posée depuis quelques années en Europe. Un maire de la Nuit officie à Amsterdam depuis 2003 , il en existe une quinzaine aux Pays-Bas. Tokyo a son Ambassadeur de la nuit, Londres a créé une Night Commission et son nouveau maire, Sadiq Khan, a fait la promesse de refaire de Londres une capitale européenne de la nuit. Genève a créé son Grand Conseil de la Nuit, mi-2011 et Zurick le sien en 2015. En France, suite à l’élection des maires de Nuit à Paris et Nantes, ces villes ont des élus en charges de la nuit et des Grands Conseils de la Nuit depuis 2014. C’est un progrès.

Mais nous revenons de loin. En 2011, Sandrine Mazetier, députée PS avait fait une proposition de loi intitulée « Urbanité réussie, de jour comme de nuit » qui n’a pas été suivie.« La France a une perception négative et punitive de la nuit », déclarait la députée. Et d’ajouter : « Pourtant, de nombreuses métropoles (Barcelone, Londres, Berlin, Amsterdam) ont intégré la nuit dans les stratégies de développement urbain et économique. L’activité nocturne est, en effet, un potentiel de créations d’emplois et de richesses insuffisamment utilisés, à condition qu’elle se fasse dans le respect des riverains. » En prendre conscience et faire des propositions, c’était la démarche des États Généraux de la nuit organisés à Paris en novembre 2010 mais aussi ceux de Lille en juin 2013 et de Toulouse, organisés par Toulouse Nocturne le 1er mars 2014 auxquels ont participé élus, associations, entreprises, universitaires.



Déjà en mai 2008, Christine Boutin, alors ministre du Logement et de la Ville, avait confié une mission d’étude sur la pratique de la ville la nuit au chercheur et géographe de la nuit Luc Gwiazdzinski, menée en collaboration avec Xavier Emmanuelli, Président du Samu social, la Délégation interministérielle à la ville, des agents des services publics, l’INSEE…  Celle-ci portait tant sur les aspects économiques, sociaux, sanitaires, urbains la nuit qui « sont encore insuffisamment connus et pris en compte dans les stratégies des politiques publiques », déclarait la ministre. Les auteurs avaient recommandé la création d’un poste de maire de la nuit, d’une offre de mobilité nocturne, d’un service public minimal de nuit, de transports gratuits, d’établir une signalétique nocturne, d’ouvrir des havres de nuit dans les banlieues…

Huit ans plus tard, du chemin a été parcouru avec le ministère des Affaires étrangères en charge du tourisme qui vient de créer un Pôle d’excellence tourisme nocturne, visant à faire la promotion de nos cités la nuit au plan international. En Europe, le maire de la nuit d’Amsterdam a organisé le premier Sommet des maires de Nuit où étaient présents l’Australie, le Brésil, le Mexique, le Japon, l’Allemagne…et où j’ai pu présenter les actions de Toulouse Nocturne. Toulouse Nocturne poursuit son engagement citoyen en publiant un guide de prévention des risques la nuit (Toulouse en mode nuit), travaillant sur les transports, l’attractivité, la question des nuisances nocturnes… Autant de sujets d’intérêt général a intégrer dans la politique des villes.





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